Alors que le Gabon s’est lourdement incliné lors de son premier match de qualification à la prochaine CAN au Maroc, les choix d’hommes, d’animation et la réactivité du sélectionneur Thierry Mouyouma a très certainement contribué à un échec des panthères le 6 septembre 2024 à Agadir.
C’est du grain à moudre que vient de donner le sélectionneur national Thierry Mouyouma à ses détracteurs. En effet, depuis l’annonce de sa liste des joueurs convoqués pour la double confrontation qui devrait opposer le Gabon tour à tour au Maroc et à la République centrafricaine, l’ancien défenseur de Mangasport a laissé l’opinion sur sa faim. Entre les présences questionnantes comme celle de Martinson Ngouali, sociétaire, Duchamp Nziengui Nziengui qui évolue en national 2 (4e division française) et le choix de mettre comme réservistes Shavy Babicka meilleurs buteurs d Toulouse en ligue 1 et Medwine Biteghe, pourtant titulaire sur les dernières sorties de la sélection, les incompréhensions avaient déjà commencé.
A ces éléments, le discours défaitiste du sélectionneur en conférence de presse d’avant match, était au final annonciateur de ce qui allait se produire sur le terrain. Si le schéma tactique en 4-3-3, en choisissant de titulariser Appinangoye et Moucketou en défense centrale présentes une logique au vu de manque de rythme que pourrait avoir Ecuele Manga faute de club a été semble tout logique son entrée par la suite peut s’apparenter au simple respect du statut de l’ancien Lorientais. Aussi, la titularisation d’un ancien réserviste (Biteghe) au côté de Duchamp Nziengui devant la défense, a donné raison à l’opinion qui ne comprenait pas la présence de Ngouali. Car si on suit la logique du coach, Ngouali serait un choix prioritaire à Biteghe.
Dans l’animation, c’est une équipe gabonaise qui avait clairement décidé de regarder le Maroc développer son jeu en espérant une erreur de ces derniers. Aucune agressivité de la part des gabonais, aucun pressing collectif sur l’adversaire et surtout un envie de subir le match imposé par les marocains. Surtout, cela semblait avoir été préparé ainsi au vu du comportement de Thierry Mouyouma sur la ligne, qui a été à l’image de ses joueurs, c’est-à-dire totalement attentiste en espérant que le match se termine.
Et cet attentisme s’est davantage manifesté par le manque de réaction tactique au calvaire que faisait subir l’ailier marocain Abdé à Antony Oyono puis à Jérémy durant les 80 minutes passées sur le terrain par le marocain.
Avec des débuts de match toujours catastrophiques, Thierry Mouyouma devrait réfléchir à mieux aborder ses matchs d’entrée de jeu, et cela peu importe l’adversaire, car pour gagner une compétition tel que la CAN (même si cela relèverait actuellement d’un rêve ou d’un magistral concours de circonstances), il faut faire des gros match face aux meilleurs, et justement, le Maroc est parmi les tous meilleurs.
En attendant le retour d’un championnat national qui semble de plus en plus relevé du miracle, il faudrait que Thierry Mouyouma se rappelle que des joueurs comme Ibrahim Ndong, André Poko, Noah Lemina, Orphe Mbina Sidney Obissa, sont sélectionnables et pourraient être des alternatives sérieuses à ses choix fortement contestables.
