Accusé de corruption et d’enrichissement illicite, Steeve Nzegho Dieko a pris une décision radicale : il quitte le Parti Démocratique Gabonais (PDG) pour mieux assurer sa défense. Une annonce qui intervient à un moment stratégique, à quelques jours du congrès extraordinaire du PDG, prévu le 30 janvier à Libreville, et à moins de trois mois de l’élection présidentielle du 12 avril.
Un ex-secrétaire général dans la tourmente
Ancien secrétaire général du PDG, nommé par Ali Bongo le 9 mars 2022, Steeve Nzegho Dieko était un homme fort du régime déchu. Mais depuis la prise du pouvoir par les militaires le 30 août 2023, son nom est cité dans plusieurs affaires de malversations financières, de corruption et de blanchiment d’argent. Son audition devant la Commission nationale de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite (CNLCEI), le 16 février 2024, avait marqué le début d’un long processus judiciaire.
Une démission pour “recouvrer sa liberté”
Dans sa lettre de démission, l’ex-sénateur justifie son départ par la nécessité de “restaurer [sa] dignité et recouvrer [sa] totale liberté”. Une manière de prendre du recul face aux accusations qui pèsent sur lui. Toutefois, il réaffirme son “attachement viscéral au Gabon, à sa paix et à sa prospérité”, une déclaration qui sonne comme une tentative de conserver une stature politique malgré la tempête.
Un PDG en pleine mutation
Son départ s’inscrit dans un contexte de restructuration profonde du PDG, aujourd’hui dirigé par Angélique Ngoma. L’ancien parti au pouvoir, affaibli par la chute d’Ali Bongo et par les scandales qui éclaboussent plusieurs de ses cadres, cherche à se réinventer. Mais cette démission souligne une évidence : la lutte contre la corruption en cours au Gabon continue de provoquer des secousses jusque dans les rangs des plus hauts responsables de l’ancien régime.
Steeve Nzegho Dieko espère-t-il un avenir politique après cette tempête judiciaire ? Pour l’instant, il devra d’abord faire face à la justice et répondre des accusations qui pèsent sur lui.
