Le lancement récemment des travaux de la Ville Verte de la Baie de la Mondah suscite autant d’enthousiasme que d’interrogations. Si le projet, soutenu par un partenariat sino-gabonais et un investissement de plus de 4,3 milliards de dollars( 2.580 milliards de FCFA), incarne l’ambition d’un Gabon moderne et durable, il n’en demeure pas moins source de préoccupations environnementales.
La future cité s’étendra sur la zone côtière du Cap Estérias, à la frontière du Parc national d’Akanda, une région déjà fragilisée par la perte de 40% de la forêt classée de la Mondah en 80 ans. La baie, reconnue par la Convention de Ramsar pour sa biodiversité, pourrait être menacée par un urbanisme trop rapide. Le gouvernement assure vouloir intégrer des mécanismes de préservation rigoureux, mais la réussite de cette démarche dépendra de leur application effective.
Le projet, qui s’étalera sur sept ans, prévoit une première phase de trois ans dédiée à l’installation des populations locales et à la construction des infrastructures de base. Conçu en cinq volets notamment résidentiel, commercial, hôtelier, semi-industriel et industriel, il progressera par étapes, avec l’objectif de créer des milliers d’emplois et de stimuler l’économie numérique via un data center de pointe.
Au-delà de l’ambition économique, la Ville Verte devra relever le défi de concilier développement urbain et préservation de la biodiversité, afin de devenir un véritable modèle de ville durable pour l’Afrique.
