Alors que la justice gabonaise les convoque une nouvelle fois le 10 novembre prochain, Sylvia Bongo Ondimba et son fils Noureddin Bongo Valentin choisissent encore la fuite plutôt que la vérité. Par la voix de leur avocat, Me Pierre-Olivier Sur, ils dénoncent un “procès spectacle”. Mais les faits sont têtus. Et le silence, cette fois, résonne comme un aveu de culpabilité.
Une fuite organisée devant un dossier accablant
Depuis leur inculpation, les deux accusés ont refusé à deux reprises de se présenter devant les juges. Cette nouvelle dérobade, dissimulée derrière un vernis juridique et des arguments de communication, ne trompe plus personne. Ce n’est pas une stratégie, c’est une tentative de fuite judiciaire face à un dossier d’une rare gravité.
Les faits reprochés sont massifs : plus de 3 000 milliards de francs CFA de détournements présumés. Plus de 300 milliards déjà saisis sur leurs comptes à la BGFI Bank. À ce stade, l’ampleur des montants en jeu et les preuves réunies rendent tout discours victimaire littéralement indécent.
La contradiction d’une défense sans crédibilité
Ils dénoncent une justice « partiale », mais oublient de rappeler que c’est cette même justice gabonaise qui leur a accordé, en toute indépendance, une autorisation de sortie du territoire pour raisons médicales.
Si la justice était manipulée ou politisée, auraient-ils quitté Libreville librement ?
Ce double discours, se plaindre d’un système tout en en profitant, mine totalement la crédibilité de leur défense. Il ne s’agit pas de justice politique. Il s’agit de justice tout court.
Londres ne doit pas devenir le sanctuaire des présumés pilleurs
Depuis leur départ, Sylvia Bongo et son fils vivent à Londres. Ce que certains appellent “retraite” ressemble de plus en plus à une planque judiciaire. Le Royaume-Uni, État de droit, ne peut continuer à accueillir, protéger et indirectement blanchir des personnes accusées de crimes économiques à grande échelle.
Le peuple gabonais a été privé de ressources essentielles. Le Royaume-Uni ne peut ignorer que ces fonds détournés, pour partie dépensés dans ses quartiers huppés, sont issus d’un pillage d’État. Laisser faire, c’est devenir complice.
Les autorités britanniques doivent coopérer pleinement avec la justice gabonaise, au nom des engagements internationaux contre la corruption et le blanchiment d’argent.
La justice avance. Les comptes doivent être rendus.
Le procès qui s’ouvre n’est pas une mascarade. C’est un tournant historique pour un pays qui exige désormais redevabilité, transparence et réparation.
Sylvia Bongo et Noureddin ne fuient pas un procès, ils fuient un peuple. Celui qui, aujourd’hui, exige des réponses. Celui qui a vu ses hôpitaux, ses écoles, ses routes et ses services publics s’effondrer pendant qu’une poignée d’individus se remplissaient les poches.
La fuite ne les sauvera pas. L’Histoire, elle, les rattrapera.
