Huit cent quarante-huit logements suffiront-ils à réconcilier Port-Gentil avec les politiques publiques de l’habitat ? En lançant, jeudi 25 septembre, le chantier de LIP Matanda, Brice Clotaire Oligui Nguema a voulu donner une traduction matérielle à son discours sur l’amélioration des conditions de vie. Dans une capitale économique où l’accès à un logement décent demeure difficile pour une partie de la population, le programme porte une attente considérable : celle de voir enfin les engagements officiels déboucher sur des réalisations visibles et accessibles.
L’opération intervient alors que le développement de Port-Gentil reste marqué par un paradoxe. Pilier de l’industrie pétrolière gabonaise et centre majeur de création de richesses, la ville continue d’accumuler des retards en matière d’urbanisme, de services publics et d’équipements collectifs. LIP Matanda est donc présenté comme bien davantage qu’un ensemble résidentiel : le chantier doit amorcer la création d’un quartier structuré et contribuer à mieux répartir les infrastructures dans une agglomération soumise à une forte pression foncière.
Le gouvernement attend également du programme qu’il produise des effets immédiats sur l’emploi. L’entreprise chinoise chargée des travaux a été invitée à respecter les prescriptions de l’État, tandis que les jeunes de la ville ont été encouragés à saisir les possibilités offertes par le chantier. Cette dimension sociale sera particulièrement observée : au-delà des emplois temporaires du bâtiment, les autorités devront démontrer que les entreprises, les artisans et les fournisseurs locaux bénéficieront réellement des retombées économiques annoncées.
La présence de représentants Myènè-Orungu, venus présenter symboliquement le projet aux ancêtres avant de remettre une torche traditionnelle au président, a donné à la cérémonie une forte dimension culturelle. Ce rituel d’adhésion ne dissipera toutefois pas les interrogations sur l’exécution du programme. Aucun chantier public ne peut être jugé à la seule solennité de son lancement. Pour Brice Oligui Nguema, l’épreuve commencera avec le respect des délais, la qualité des ouvrages et, surtout, la mise en place d’un mécanisme d’attribution équitable et transparent.
