Libreville, 29 mars 2025. Une mer humaine, des visages empreints d’espoir, une ferveur palpable. En ce jour qui marque l’entrée officielle dans l’arène électorale, Brice Oligui Nguema, le « Bâtisseur », a déroulé sa vision d’un Gabon transfiguré. Plus qu’un simple discours, c’est un serment solennel qu’il a prêté devant la Nation : celui d’ériger un État souverain, prospère et juste.

Un appel à la refondation nationale

Dès les premières phrases, le ton est donné. Oligui Nguema ne se contente pas d’invoquer un changement, il proclame une renaissance. « Notre pays peut et doit atteindre les sommets qu’il mérite », martèle-t-il, s’inscrivant dans la lignée des pères fondateurs qui, jadis, avaient assimilé le Gabon à un édifice en perpétuelle construction. Mais cet édifice, selon lui, a été saccagé par quatorze années d’errance, d’iniquité et de prédation.

Alors, il faut reconstruire. Pas une simple réhabilitation, mais une refondation. Pas un replâtrage, mais une réinvention. Le peuple gabonais, affirme-t-il, exige à la fois la liberté et la reprise en main de l’État. Il se veut l’instrument de cette volonté populaire.

Une ambition portée par six piliers fondamentaux

Le projet qu’il défend ne se veut ni utopique ni velléitaire. Il repose sur six axes structurants :
L’accès à l’eau potable et à l’électricité – mettant fin aux délestages et coupures d’eau qui relèvent, selon lui, d’une indignité nationale.
L’entrepreneuriat et l’employabilité des jeunes – en créant un fonds dédié et en générant 160 000 emplois.
Le développement des infrastructures – avec l’achèvement de la Transgabonaise, le désenclavement des provinces et un vaste programme de logements.
Le capital humain et la justice sociale – en modernisant le système de santé, en soutenant les plus vulnérables et en redonnant à l’éducation, aux arts et au sport leur place centrale.
L’économie et le développement durable – en transformant localement les matières premières et en inscrivant le Gabon parmi les cinq leaders africains de l’éco-tourisme.
La gouvernance des institutions – en ancrant la 5ᵉ République dans une logique de décentralisation et de transparence.

Ces engagements, loin d’être des promesses en l’air, se veulent une continuité des réformes engagées depuis dix-neuf mois. « J’ai repris Assala, la SNBG, Tullow Oil et SMP. Nous sommes passés de 26 000 à 82 000 barils par jour. » Une démonstration de force économique qu’il oppose aux errements du passé.

Un dessein international et militaire affirmé

Dans ce Gabon nouveau, la souveraineté ne s’arrête pas aux frontières économiques. Oligui Nguema ambitionne de faire du pays un acteur majeur sur la scène africaine et internationale. Sa diplomatie agissante, déjà illustrée par le retour du Gabon à la tête de l’ASECNA, devra être un levier d’influence et d’opportunités économiques.

Sur le plan sécuritaire, il entend faire des forces armées un pôle d’excellence continental, luttant contre la délinquance, l’orpaillage illégal et la piraterie maritime, tout en renforçant la souveraineté nationale. « Plus jamais une minorité ne confisquera les ressources vitales des Gabonais », prévient-il.

Le « coup de la Libération » comme acte fondateur

Mais ce projet ne saurait être dissocié du 30 août 2023. Ce jour-là, dit-il, il a « risqué sa vie et celle de sa famille » pour restaurer les institutions et rendre sa dignité au peuple. « Certains disent que c’est le même régime qui continue. Je dis non ! » Il revendique une rupture, une refondation, une insurrection démocratique contre l’immobilisme.

Son engagement est total : une nouvelle ville, Libreville 2, un port en eau profonde à Mayumba, un chemin de fer de 904 km reliant Belinga à Mayumba, un barrage de 400 MW à Boué, un programme massif de logements et le désenclavement des quartiers populaires.

Vers une élection décisive

Le 12 avril 2025, le Gabon devra trancher. Et Oligui Nguema en appelle à l’histoire : « Celui qui a des rêves pour son pays vit plus longtemps. Celui qui réalise les rêves de son peuple devient immortel. »

Alors, devant la foule en liesse, il scelle son engagement d’une phrase qui résonne comme un manifeste : « Je veux être immortel pour ces jeunes qui m’ont porté le 30 août 2023. »

Le 12 avril sera-t-il le jour de cette immortalité politique ? L’avenir le dira. Mais en ce jour d’ouverture de campagne, une chose est certaine : Brice Oligui Nguema n’est pas un candidat comme les autres. Il est un homme en mission.

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