Sous l’impulsion de Brice Oligui Nguema, le secteur minier gabonais vit un moment charnière, marqué par le retour spectaculaire de Gagan Gupta. Jadis figure centrale de l’agro-industrie via Olam, l’homme d’affaires réapparaît avec une ambition clairement tournée vers les minerais stratégiques. Sa société A2MP vient d’obtenir un financement record de 171 milliards de FCFA, propulsant son influence à un niveau inédit.
A2MP multiplie depuis peu les initiatives : exploitation de gisements, avancée sur le fer et lancement d’une aciérie de ferro-alliages. Cette dernière représente l’axe principal de la stratégie gabonaise qui prévoit l’arrêt des exportations de manganèse brut. L’objectif : transformer sur place, industrialiser, employer et contrôler toute la chaîne.
Afreximbank, en soutenant massivement cette démarche, confirme que le continent encourage désormais les projets de transformation locale. Pour Gupta, cette dynamique est une opportunité d’étendre son empreinte tout en s’alignant sur les priorités politiques du moment. Un calcul précis, mais efficace.
Grâce à son réseau, à son expérience et à des financements robustes, Gupta pourrait bientôt devenir l’un des acteurs incontournables du secteur. L’acierie prévue place A2MP dans la catégorie des rares entreprises africaines capables de transformer le manganèse localement, une étape stratégique souvent réservée aux grands groupes internationaux.
Pour Libreville, cette alliance informelle entre l’État et le secteur privé symbolise une nouvelle ère industrielle. Si A2MP réussit, son ascension deviendra un cas d’école pour toute l’Afrique centrale. Si elle échoue, elle exposera les limites d’une stratégie trop dépendante de quelques figures d’affaires. Le pari est lancé.
