Au Gabon, l’affaire Marcel Libama soulève une question centrale : de quel droit un retraité, qui n’est plus enseignant ni syndicaliste actif, peut-il prendre part à des mouvements sociaux en appelant à un durcissement de la grève des enseignants ? Une interrogation que les autorités placent au cœur de leur justification.
Selon les éléments communiqués par la justice, l’interpellation ne repose pas sur des prises de position ou des discours, mais sur des actes matériels constatés sur le terrain. Blocage d’un établissement public, entrave à la liberté du travail et pressions sur des enseignants non-grévistes figurent parmi les faits reprochés, indépendamment de toute revendication syndicale.
Le cadre légal est clair. Si le droit de grève est garanti par la Constitution, il doit s’exercer dans le respect strict de la loi. Le Code du travail et le Code pénal sanctionnent toute obstruction, tandis qu’une circulaire de 2021 rappelle l’obligation de garantir la continuité du service public et d’éviter tout trouble à l’ordre public.
Le statut de Marcel Libama complique davantage la situation. Retraité, il ne relève plus de la fonction publique, ne participe plus au service éducatif et ne supporte aucune conséquence administrative liée à la grève. Pour les autorités, sa présence active dans des actions de blocage s’apparente à une intrusion dans un service auquel il n’appartient plus juridiquement.
Le gouvernement récuse enfin toute lecture politique du dossier. Il affirme que la République gabonaise protège le droit de grève, mais protège tout autant le droit de travailler. Le message envoyé est sans ambiguïté : le dialogue social reste ouvert, mais l’obstruction et la contrainte ne sauraient être tolérées, quel que soit le passé syndical de la personne concernée.
