Le gouvernement gabonais passe à l’offensive pour désamorcer une crise scolaire devenue sensible sur le plan social. Face à la plateforme syndicale SOS Éducation la Base, l’exécutif a détaillé un plan chiffré de 16 milliards de FCFA, destiné à débloquer des milliers de situations administratives qui cristallisaient la colère dans les établissements.

La mesure la plus immédiate concerne 1 810 agents bénévoles dont les dossiers seront transmis à la Solde pour une mise en présalaire. Ces enseignants, déjà en poste mais sans statut stabilisé, vivaient dans une précarité administrative chronique. Leur régularisation ne constitue pas seulement un geste social : elle permet aussi à l’État de formaliser une partie de sa masse salariale éducative restée dans une zone grise.

Le deuxième levier vise le cœur du mouvement social : les chargés de cours. 4 000 situations d’avancement et de reclassement leur sont exclusivement réservées. Derrière ces chiffres se joue une question d’équité professionnelle. Les blocages de carrière, accumulés sur plusieurs années, étaient devenus un symbole d’injustice et un facteur de démobilisation dans les équipes pédagogiques.

Au total, 7 810 dossiers seront traités, dont des intégrations en solde. Mais cet effort représente près de 40 % des crédits 2026 consacrés aux situations administratives des agents civils. Autrement dit, l’éducation capte une part majeure des marges disponibles, ce qui limite la capacité du gouvernement à étendre ce type de régularisations à d’autres secteurs.

Reste maintenant le test du réel. SOS Éducation a obtenu des chiffres et un cadre de suivi, mais la confiance dépendra de la rapidité des premières mises en paiement. Sans traduction concrète sur les bulletins de salaire, l’accord pourrait perdre sa force apaisante.

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