Le Gabon préfère désormais réduire la voilure plutôt que promettre des dépenses qu’il ne serait pas certain de pouvoir financer. Sous l’impulsion de Brice Oligui Nguema, Libreville a revu en profondeur son budget 2026, une décision qui commence à porter ses fruits sur le terrain de la confiance. Fitch Ratings estime que la loi de finances rectificative promulguée le 17 juillet rend les prévisions du pays plus crédibles, un message particulièrement attendu dans un contexte financier encore contraint.

Les chiffres donnent la mesure du changement : les recettes initialement prévues diminuent de 23 %, et les investissements programmés sont rabotés de 45 %. Le gouvernement reconnaît ainsi que ses premières ambitions étaient difficiles à concilier avec les performances habituelles de l’économie gabonaise. Cette correction cherche à éviter un scénario bien connu : voter des dépenses importantes avant de constater, plusieurs mois plus tard, que les recettes nécessaires ne sont pas au rendez-vous.

Thierry Minko, ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, se retrouve en première ligne pour faire vivre cette nouvelle discipline. Derrière les pourcentages se joue en effet une bataille essentielle pour la présidence Oligui Nguema : conserver une politique de transformation visible tout en évitant que les ambitions d’investissement n’accentuent les déséquilibres financiers. Cela supposera de sélectionner les projets, de contrôler leur coût et surtout de s’assurer que les recettes annoncées entrent effectivement dans les caisses de l’État.

Car Fitch ne délivre pas pour autant un certificat de bonne santé aux finances gabonaises. L’agence table encore sur un déficit de 6,7 % du PIB en 2026 et continue de surveiller l’endettement et les conditions auxquelles le Gabon se finance. Brice Oligui Nguema obtient donc une première victoire sur le terrain de la crédibilité, mais la suite sera plus difficile : après avoir corrigé les chiffres, son gouvernement devra prouver qu’il peut les respecter et transformer cette nouvelle prudence en résultats économiques durables.

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