Le Gabon veut financer davantage son avenir avec son propre argent. À l’ouverture du premier Forum National de l’Épargne pour le Développement, ce 2 septembre à Libreville, l’Administrateur Directeur Général de la Caisse des Dépôts et Consignations, Marius Nkori, a défendu une idée simple mais structurante : l’épargne disponible dans le pays doit cesser d’être seulement une réserve pour devenir un levier d’investissement. À travers le FONED, la CDC cherche ainsi à installer un nouveau débat national sur la manière de financer infrastructures, énergie, logement, industrialisation et développement territorial.

Au cœur du raisonnement de Marius Nkori, un constat : le problème n’est pas uniquement l’insuffisance des financements. Le Gabon dispose déjà de ressources dispersées dans les dépôts bancaires, les assurances, les fonds de pension, l’épargne des ménages, les institutions financières ou encore les avoirs de la diaspora. L’enjeu consiste désormais à mieux capter cette épargne, à la sécuriser et surtout à lui donner un horizon plus long. Autrement dit, transformer une masse financière fragmentée en capacité réelle de financement de l’économie.

C’est précisément là que la CDC veut jouer un rôle central. Marius Nkori insiste sur une position de complémentarité : la Caisse n’entend pas remplacer les banques, les assurances ou les investisseurs privés, mais travailler avec eux. Son rôle serait celui d’un tiers de confiance capable de sécuriser les ressources, d’accompagner des projets de long terme et de créer des passerelles entre épargne et investissements structurants. Dans une économie où les besoins de financement sont lourds, cette fonction peut devenir déterminante.

Le FONED accorde également une place importante à la diaspora gabonaise. Jusqu’ici, sa contribution est surtout mesurée à travers les transferts aux familles. La CDC veut aller plus loin en proposant des instruments susceptibles de transformer une partie de ces flux en investissement productif. L’étude DIASDEV doit permettre de mieux comprendre les attentes des Gabonais de l’étranger en matière de confiance, de transparence et de sécurité. L’initiative OKIRA 241 s’inscrit dans cette même logique de mobilisation plus large de l’épargne nationale.

Reste désormais à transformer l’ambition en dispositifs concrets. Marius Nkori a lui-même fixé le niveau d’exigence en affirmant que le FONED ne devait pas devenir « un colloque de plus ». Le véritable enjeu sera donc celui de l’après-forum : quels véhicules d’investissement, quelles garanties, quels mécanismes de confiance et quelle capacité à orienter effectivement l’épargne vers l’économie réelle ? Pour la CDC, la réussite se jouera sur ce terrain-là.

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