La souveraineté économique se joue aussi dans les comptes du Trésor. Entre 2017 et 2019, le Gabon s’efforce de reprendre le contrôle d’une situation fragilisée par le choc pétrolier. Le programme soutenu par le FMI vise à stabiliser l’économie nationale, mais également à contribuer à la stabilité extérieure de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale. Libreville inscrit ainsi son redressement dans un dispositif régional dont les équilibres dépassent ses seules frontières.
Cette dimension régionale compte pour comprendre le partenariat. Dans une union monétaire, les difficultés d’un État peuvent peser sur les réserves communes et sur les conditions de financement de ses voisins. Le redressement gabonais possède donc une portée collective. Pour le pays, respecter ses engagements renforce aussi sa capacité à défendre ses priorités : une administration qui connaît ses ressources, ses dettes et ses échéances dispose de meilleurs arguments pour négocier qu’une administration contrainte de traiter chaque urgence séparément.
Au cœur de cette période se trouve également une séquence politique précise. Brice Laccruche Alihanga est nommé directeur de cabinet d’Ali Bongo le 25 août 2017 ; il quitte cette fonction en novembre 2019 pour entrer au gouvernement. Son passage au cabinet présidentiel recouvre donc une grande partie de l’exécution initiale du programme. Celui-ci avait toutefois été approuvé avant sa nomination. Cette chronologie situe un responsable dans la période étudiée, sans démontrer à elle seule son influence sur les résultats économiques.
