Le foncier offre à Brice Clotaire Oligui Nguema un terrain où l’action présidentielle peut se mesurer jusque dans les foyers. Au stade de Nzeng-Ayong, le chef de l’État gabonais a présidé une remise symbolique de titres, sur fond de 16 000 documents finalisés dans le pays. Pour le pouvoir, l’opération permet de mettre en avant un résultat administratif immédiatement compréhensible. Pour les bénéficiaires, elle concerne la protection d’un patrimoine familial longtemps resté dans l’attente de sa régularisation.
La portée politique de la séquence tient aussi au rôle personnel du président. Avant de remettre des documents à plusieurs citoyens, Brice Oligui Nguema a reçu son propre titre foncier. Le récit de ses difficultés passées d’obtention le présente comme familier des obstacles rencontrés par les usagers. Cette proximité affichée donne une dimension supplémentaire à la réforme : le chef de l’État entend incarner la résolution d’un problème dont il dit avoir lui-même fait l’expérience.

Dans cette répartition des rôles, Mays Mouissi porte le volet administratif. Le ministre chargé du Logement et du Cadastre a salué les orientations présidentielles et l’accélération des procédures. Le bilan annoncé engage désormais son département sur la continuité des résultats. Les éléments disponibles ne précisent pas la répartition provinciale des 16 000 titres, le stock restant à traiter ou les délais à venir. Ces données seront déterminantes pour apprécier la portée de l’opération au-delà de son impact politique immédiat.
Le volet social repose sur un engagement ciblé : le président assumera personnellement les frais d’établissement des titres de 100 familles démunies. Cette décision associe la régularisation foncière à une intervention en faveur des ménages modestes. Le témoignage de reconnaissance de leur représentant, M. Nzaou Boulingui, a donné un visage aux bénéficiaires. Mais la généralisation de l’accès suppose aussi de répondre à la situation des familles qui ne relèveront pas de cette prise en charge.

Enfin, la remise de 18 véhicules aux directions provinciales doit donner une traduction territoriale à l’impulsion venue du sommet de l’État. Avec deux véhicules par province, le ministère dispose de moyens supplémentaires pour ses missions de terrain. La suite dépendra de la capacité des services à convertir ces équipements en dossiers aboutis. Pour Brice Oligui Nguema, l’enjeu politique est clair : prolonger une opération visible par une amélioration suffisamment régulière pour être constatée par les citoyens eux-mêmes.
