En fuite depuis qu’il n’a pas répondu à une convocation judiciaire, l’ancien ministre et homme d’affaires Hervé Patrick Opiangah a décidé de sortir de son silence. Le samedi 15 décembre, il a choisi le média social Facebook, via l’émission Le Balcon animée par l’activiste Jonas Moulenda, pour livrer sa version des faits. Pendant plus de vingt minutes, il a rejeté les accusations portées contre lui et adressé un message direct au Président de la Transition.
Après des semaines de silence et d’intenses spéculations, Hervé Patrick Opiangah, autrefois ministre des Mines, a surpris en s’exprimant publiquement, loin de ses canaux habituels. Barbe fournie et ton ferme, il a présenté une image inhabituelle mais déterminée, tentant de rétablir son honneur face à des accusations qu’il qualifie de « mensongères ».
« Je suis Gabonais des neuf provinces »
Dans son intervention, Opiangah a ouvert son plaidoyer en insistant sur son appartenance au Gabon, au-delà des divisions régionales :
« Je suis Gabonais, fils des neuf provinces de notre pays, originaire du Haut-Ogooué. Mais, au-delà de ces origines, je suis Gabonais des neuf provinces. »
Il a également nié avoir fui la justice :
« Je n’ai pas fui. […] Le temps est le meilleur allié. Mais aujourd’hui, me voici. »
Rejet des accusations et dénonciation d’irrégularités
Hervé Patrick Opiangah a fermement rejeté les accusations de tentative de déstabilisation des institutions, de viol incestueux et de séquestration qui pèsent sur lui. Selon lui, il n’a rien à se reprocher et affirme être victime d’une machination.
Il a également dénoncé les irrégularités qui auraient entaché la perquisition de son domicile :
« Ils n’ont jamais ouvert les coffres en présence de mes enfants, de mon personnel ou de mes avocats. […] Ils ont emporté tous les coffres à la direction de la PJ et les ont ouverts sans la présence de mes avocats, à l’abri de tout regard. »
Quant aux 175 millions de francs CFA trouvés chez lui, l’homme d’affaires déclare pouvoir en justifier l’origine, évoquant une carrière de près de 40 ans. Il affirme également pouvoir prouver la légitimité des bijoux saisis.
Victime d’une conspiration ?
Hervé Patrick Opiangah a rappelé avoir déposé une plainte le 20 novembre dernier, affirmant être la cible d’une conspiration :
« J’ai déposé une plainte au parquet, relatant une conspiration visant à construire des mensonges sur ma prétendue implication dans une déstabilisation. Ces révélations émanent des agents de la GR et font l’objet de transcriptions officielles. »
Une affaire aux zones d’ombre persistantes
Ce témoignage soulève des questions sur les motivations réelles derrière ces accusations. Pourquoi celui qui fut proche d’Ali Bongo, puis ministre sous la Transition, est-il aujourd’hui ciblé par ce qu’il qualifie de « système » ? Le différend viendrait-il de son opposition au référendum constitutionnel du 16 novembre dernier, lorsqu’il a appelé à voter NON ?
Cette affaire complexe continue de révéler des zones d’ombre et suscite des interrogations sur les dynamiques politiques et judiciaires actuelles.
