Dans une interview accordée récemment au medía Jeune Afrique, l’ancien président de la République Gabonaise, Ali Bongo Ondimba, a exprimé son amertume face au traitement que lui infligeraient les militaires. Descendu de la tête du pays par la force du Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI), Ali Bongo se dit prêt à rester à carreau même si on délivrait sa femme et son fils aujourd’hui. C’est sa raison de vivre aujourd’hui.

Selon le récit de Jeune Afrique, Ali Bongo se porterait bien. Il s’exprime mieux. « Son élocution est meilleure, le débit plus rapide. Sur le plan de sa motricité, en revanche, pas d’amélioration. Sa jambe droite est toujours récalcitrante, il se déplace donc avec beaucoup de difficulté, même s’il refuse toute assistance et tient à marcher seul ».

Toutefois, le fils d’Omar Bongo n’en peut plus de cette vie de renfermement. « J’en ai marre… » a-t-il lancé. Non sans ajouter que « Cela fait désormais un an et demi que Sylvia et Nourredin sont emprisonnés. Ils leur ont tout pris, tout confisqué. Je veux qu’ils soient ici, auprès de moi. Nous sommes coupés du monde, surveillés, ça changerait quoi pour eux ? Je garantis que nous nous tiendrons à carreau, mais au moins ma femme et mon fils vivraient dans des conditions plus décentes, avec moi ». Le président déchu est ainsi prêt à soumettre sa famille à cette « prison dorée ». Le plus important étant qu’ils soient ensemble. L’homme qui a soufflé sa 66e bougie en début du mois en cours, ne supporte plus cette solitude familiale et politique.

Sur l’actualité du Parti Démocratique Gabonais (PDG) qui a désormais pour président Blaise Louembe, l’ex distingué Camarade estime avoir été bafoué par ses proches collaborateurs. « Tout cela est contraire aux textes du parti. Moi seul pouvais convoquer ce congrès. J’avais donné mes instructions aux responsables qui sont venus me voir – je continuais à diriger le PDG, avec un adjoint dans un rôle exécutif – ils sont sortis de chez moi, se sont rués au Palais, voilà le résultat ». A en croire son ex président, Il n’était pas question que le parti soutienne le CTRI et son coup d’État.

L’interview nous révèle aussi que pour rendre visite à l’ancien Chef d’État, il faut adresser une demande à la présidence de la République. Une manière pour le bord de mer d’avoir un meilleur contrôle sur les fréquentations de celui qui n’en peut plus de passer le temps entre la lecture et les mots fléchés. Il faut dire que rendre visite à Ali Bongo, ce n’est pas ce qui hante tous ceux qui ont profité de ses largesses. Il vit seul dans sa luxueuse résidence, qui se fait vider un peu plus chaque jour, par des actes de vols incompréhensibles.

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