Dans le cadre de la poursuite de sa politique de gestion active de la dette publique, de sécurisation de la trésorerie de l’État et d’optimisation du profil de remboursement de la dette intérieure, la République Gabonaise a mis en œuvre, avec le concours de plusieurs partenaires bancaires et institutionnels, une opération dénommée » Opération MOUELE » d’envergure de plus de 1 400 milliards de FCFA, a-t-on appris récemment d’un communiqué officiel conjoint émanant du Ministère de l’Economie et des Participations, ainsi que celui des Comptes Publics et de la Dette.
Cette opération était articulée autour de trois composantes :I) 592 milliards de FCFA de reprofilage de la dette titrée émise sur le marché des titres publics de la CEMAC, (II) 473 millards de FCFA de titrisation d’un portefeuille de créances bancaires hors marché, et (III) 338 miliards de FCFAde mobilisation de ressources nouvelles.
En février 2025, I’encours de la dette intérieure s’élevait à 2 196 milliards de FCFA, dont 1 741 miliards de FCFA constitués de titres émis sur le marché de la CEMAC, présentant une maturité moyenne courte de 2,3 ans. Les échéances de ces instruments étaient fortement concentrées sur les trois prochaines années, avec un montant dû sur la période de 1 977 milliards de FCFA, incluant 1 710 millards de FCFA liés aux remboursements en principal et 267 milliards de FCFA liés aux intérêts, soit 78% de la dette sur la période 2025-2027.
Par la suite, les échéances à rembourser diminuent significativement, atteignant 60 millards de FCFA dès 2029, puis 10 milliards de FCFA en 2033. Dans ce contexte, la République gabonaise a souhaité améliorer significativement le profil de sa dette publique, réduire le risque de refinancement de son encours, et ainsi accroître ses marges de manœuvre à moyen terme.
A l’issue d’un processus de concertation proactive et constructive, près de 10 établissements financiers régionaux ont participé de façon volontaire à cette initiative structurante, témoignant du fort soutien et de l’accès continu à la liquidité dont bénéficie la République Gabonaise sur le marché CEMAC.
Cette opération a permis d’atteindre les objectifs stratégiques suivants: – le reprofilage de 592 milliards de FCFA de dette sur le marché des titres : dans le cadre d’échanges bilatéraux volontaires avec les institutions bancaires, les titres existants ont été étalés sur des maturités allant de 5 à 9 ans, faisant passer la durée moyenne de 2,3 ans à 6 ans, permettant ainsi le lissage des maturités à venir sur les prochaines années; la titrisation de 473 milliards de FCFA de créances bancaires : des créances hors-marché ont été converties en Obligations du Trésor Assimilables à 9 ans, avec deux ans de gråce, améliorant la liquidité des groupes bancaires et institutions partenaires de l’opération; la mobilisation de 338 milliards de FCFA de nouvelles ressources financières : la mobilisation de nouvelle dette auprès de groupes bancaires, notamment sous forme de financement immédiatement titrisés en Bons du Trésor Assimilables, témoigne de l’attrait continu de la République du Gabon auprès des investisseurs et confirme la liquidité du marché des titres publics gabonais avec, des approches financières adéquates.
L’opération a ainsi permis de dégager plus de 680 milliards de FCFA de gain global, dont 494 milliards de FCFA de marge de manoeuvre budgetaire et de trésorerie du fait du reprofilage des remboursements et 189 milliards de FCFA d’économies sur le coût de financement de l’opération par rapport coût habituel constaté sur le marché de la CEMAC.
Dans le cadre de ces échanges volontaires avec les acteurs bancaires et financiers, la mise en place par l’État de sûretés spécifiques additionnelles de remboursement, en concertation avec l’autorité de régulation, a contenu les risques d’exécution et réduit les surcoûts liés aux décotes systématiques et les bonifications des taux d’intérêt élevés. L’opération a ainsi permis d’assurer le respect des engagements du pays à la fois envers les investisseurs du marché des valeurs du Trésor de la CEMAC et également envers les bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux tls que la Banque mondiale, le Fonds Monétaire International, la Banque Africaine de Développement, l’Agence Française de Développement, ou encore la Banque Islamique de Développement.
Cette opération a renforcé la régularité des relations financières avec les partenaires techniques et financiers de la République Gabonaise. Elle contribue également au financement des investissements publics et à la continuité de l’action de l’État.
