Le choix par le Gabon de confier à l’entreprise E-TECH SAS, une société gabonaise créée en 2025, la visibilité totale sur l’ensemble des flux financiers de l’écosystème des jeux et paris en ligne soulève plusieurs problèmes majeurs. E-TECH SAS est une société à capitaux majoritairement étrangers, immatriculée récemment, sans historique ni expertise démontrée dans la régulation des jeux en ligne ou la gestion des flux financiers. Elle n’a remporté aucun marché public auparavant et ne figure dans aucun registre antérieur, ce qui interroge sur sa capacité à gérer un secteur aussi stratégique.

La désignation d’E-TECH SAS n’aura pas fini de faire parler l’opinion publique et en particulier les adeptes et spécialistes des flux financiers. Cela d’autant plus qu’elle s’est faite sans appel d’offres, consultation publique ou audit, ce qui va à l’encontre des principes de transparence affichés par le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema. De plus, une lettre de la société datée du 14 avril 2025 informait déjà les opérateurs de mobile money de sa désignation, soit neuf jours avant la signature officielle de l’arrêté ministériel du 23 avril 2025. Cette chronologie soulève des questions juridiques et nourrit des soupçons de collusion ou de favoritisme institutionnalisé.

En confiant à E-TECH SAS le monopole sur la centralisation des flux financiers des jeux et paris, le Gabon écarte des acteurs locaux expérimentés, fragilisant ainsi le tissu économique national et menaçant des centaines d’emplois gabonais. Cette décision met en péril la souveraineté numérique du pays, en favorisant une structure étrangère au détriment des compétences nationales.

L’arrêté ministériel a été signé par le ministre de l’Intérieur, alors que la gestion des flux financiers relève plutôt des ministères des Finances, du Budget ou de l’Économie numérique. Cette anomalie administrative renforce le caractère suspect et opaque de la procédure.

Le président Oligui Nguema a fait de la transparence, de la souveraineté économique et du soutien aux compétences locales des piliers de sa gouvernance. Pourtant, cette décision va à l’encontre de ces engagements, donnant l’image d’un Gabon qui veut réguler un secteur stratégique sans faire appel aux compétences nationales, ce qui pourrait compromettre la confiance des investisseurs et l’espoir d’une jeunesse gabonaise porteuse d’innovation.

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