Le projet de digitalisation des services de l’administration publique gabonaise a été attribué récemment à l’entreprise OBR PARTER, dirigée par Mohamed Zouber Sotbar, sans appel d’offres, ce qui constitue une violation manifeste du code des marchés publics. Cette situation soulève plusieurs questions sur les raisons qui ont poussé Henri-Claude Oyima, ministre d’État en charge de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, à procéder ainsi.

Henri-Claude Oyima est une figure majeure du paysage économique gabonais, cumulant des fonctions importantes tant dans le secteur privé, notamment à la tête de BGFIBank, que dans le gouvernement. Sa nomination au poste de ministre d’État a suscité des interrogations sur un possible conflit d’intérêts, car il conserve simultanément des responsabilités exécutives dans le groupe bancaire et d’autres institutions financières régionales, ce qui est incompatible avec les principes de bonne gouvernance et la dévotion exclusive à l’intérêt général.

Le Gabon connaît une prépondérance des marchés publics attribués par entente directe, atteignant 93 % en 2025 selon les données officielles. Henri-Claude Oyima lui-même a dénoncé cette situation et annoncé vouloir y mettre fin, mais la réalité du terrain semble plus complexe. Le recours à l’attribution directe sans appel d’offres est souvent justifié par la nécessité d’agilité et de rapidité dans la mise en œuvre des projets, surtout dans un contexte où les procédures classiques sont perçues comme lourdes et peu efficaces.

Le cumul des fonctions d’Henri-Claude Oyima dans le secteur privé et public crée une zone de flou juridique et éthique qui risque à long terme de créer du tort à l’intégrité morale de l’État. Attribuer un marché majeur à une entreprise privée sans appel d’offres peut résulter d’une volonté de privilégier certains acteurs économiques proches du pouvoir ou du ministre, ce qui soulève des suspicions de favoritisme et de conflits d’intérêts. La direction d’OBR PARTER par Mohamed Zouber Sotbar pourrait être liée à des réseaux d’influence opaques.

La digitalisation des services publics est un chantier prioritaire pour le Gabon, censé moderniser l’administration et stimuler la croissance économique locale. Henri-Claude Oyima défend un modèle de développement pensé par et pour les Gabonais, valorisant les ressources nationales et la croissance locale. Il est possible que la décision d’attribuer directement le marché à OBR PARTER ait été motivée par la volonté d’accélérer ce projet stratégique, au risque de contourner les procédures réglementaires.

La violation du code des marchés publics nuit à la transparence et à la confiance dans la gestion des deniers publics. Elle fragilise l’image du gouvernement et compromet la crédibilité des réformes économiques annoncées par Henri-Claude Oyima. Par ailleurs, ce type de pratique peut décourager la concurrence saine et limiter l’accès des entreprises locales aux marchés publics, ce qui va à l’encontre des objectifs de développement économique durable prônés par le président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema.

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