Brice Laccruche Alihanga, ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba, sort enfin de son silence, livrant cette semaine sur TV5 Monde un témoignage bouleversant sur sa chute brutale au sommet du pouvoir gabonais. Sur le plateau de la chaîne internationale le 4 août dernier, celui qui fut pendant un moment l’homme fort du régime n’a pas hésité à qualifier l’appareil Bongo-PDG de “mafia”, dénonçant une “orchestration” méthodique de sa mise à l’écart par le clan présidentiel.

Au cœur de cette descente aux enfers : le refus de Laccruche Alihanga d’adhérer à l’ascension de Noureddin Bongo Valentin, fils du président, présenté comme l’héritier naturel du pouvoir. “Quand j’ai vu un prince qui voulait devenir roi à tout prix, j’ai signé mon arrêt de mort”, lance-t-il, évoquant la mécanique implacable de sa disgrâce.

S’en sont suivies quatre années de détention, que l’ancien bras droit d’Ali Bongo décrit comme marquées par des conditions “inhumaines”, responsables, selon lui, de son cancer du côlon. “Victime d’un système implacable”, Laccruche Alihanga ne cache ni sa souffrance ni sa détermination à obtenir justice. Il réclame aujourd’hui vérité, réparation et exhorte le Gabon à un “sursaut démocratique” face à un régime qu’il estime gangrené jusqu’à la racine.

À travers ses mots, c’est tout un pan de l’histoire politique gabonaise contemporaine qui s’esquisse, révélant les luttes intestines et les dérives d’un pouvoir prêt à tout pour sa propre survie. Le récit de Brice Laccruche Alihanga marque un nouvel épisode dans la quête d’une véritable démocratie pour le Gabon, où les voix dissidentes espèrent enfin se faire entendre.

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