Dans un contexte où de nombreux pays africains se tournent vers des mesures d’austérité pour équilibrer leurs finances, le président gabonais Brice Oligui Nguema adopte une stratégie différente : instaurer une contribution nationale destinée à préserver les acquis sociaux et financer la modernisation urbaine. La TFH, collectée mensuellement sur les factures d’électricité, est présentée comme une alternative à des coupes budgétaires qui auraient touché les populations les plus fragiles.

Le chef de l’État affirme avoir volontairement écarté les solutions préconisées de longue date par certaines institutions financières, telles que la réduction drastique de la masse salariale ou la suppression des bourses. Pour lui, il n’est pas question de fragiliser davantage un tissu social déjà éprouvé par les inégalités. La réforme est ainsi présentée comme un choix politique assumé, fondé sur la protection du citoyen gabonais.

La progressivité de la taxe constitue l’un des piliers de cette démarche. Le gouvernement précise que les ménages des quartiers aisés contribueront significativement, tandis que les familles vivant en zone populaire ou les habitants des villages seront largement exemptés. Une répartition que la présidence qualifie de juste et adaptée aux réalités africaines, marquées par une forte diversité socio-économique entre quartiers.

Les recettes de la TFH seront dirigées vers des projets urbains visibles et mesurables : amélioration de la propreté, désengorgement des quartiers, réhabilitation des voies secondaires souvent détruites à la moindre pluie, et lancement de programmes de logements sociaux. Le gouvernement cite les expériences réussies du Togo ou du Bénin comme preuves qu’une fiscalité locale bien structurée peut transformer l’espace urbain.

Le choix de la SEEG pour la collecte répond, selon les autorités, à une logique d’efficacité. L’accès quasi universel à l’électricité en milieu urbain permet de toucher des foyers qui échappent aux circuits fiscaux classiques. Les fonds collectés seront automatiquement répartis entre les mairies et l’État, un mécanisme visant à prévenir les détournements et à garantir la transparence.

Avec cette réforme, Brice Oligui Nguema cherche aussi à redéfinir le modèle économique du Gabon. Face à la forte dépendance aux revenus pétroliers, il prône la diversification et l’émergence d’une fiscalité locale capable de soutenir les services publics. Une vision qui s’inscrit dans une tendance continentale où plusieurs capitales cherchent à renforcer leur autonomie financière.

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