Réunis à Brazzaville pour un sommet extraordinaire de la CEMAC, les chefs d’État d’Afrique centrale ont planché sur la stabilité économique et monétaire de la sous-région. La rencontre, présidée par Denis Sassou Nguesso, a mis en lumière les fragilités persistantes malgré un retour progressif de la croissance et une inflation contenue.
Très attendu, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a défendu une position sans ambiguïté : la stabilité du franc CFA constitue un rempart essentiel contre l’érosion du pouvoir d’achat et un pilier de la crédibilité financière des États membres. Pour lui, toute hésitation mettrait directement en péril les ménages et la souveraineté économique régionale.
Au cœur des décisions validées figure l’obligation stricte de rapatriement des recettes d’exportation, notamment dans le secteur extractif. Une mesure clé destinée à renforcer durablement les réserves de change de la zone CEMAC, longtemps affaiblies par des pratiques non conformes aux règles communautaires.
Le sommet a également acté un renforcement de la discipline budgétaire, avec un alignement plus rigoureux des politiques nationales sur les critères de convergence et les programmes conclus avec le FMI. À cela s’ajoutent des engagements forts en matière de transparence, incluant la généralisation du Compte Unique du Trésor et l’accélération de la digitalisation des régies financières.
Enfin, les chefs d’État ont validé une orientation stratégique vers la souveraineté économique et alimentaire, en soutenant des politiques de substitution aux importations. La Commission de la CEMAC et la BEAC ont reçu instruction de présenter, d’ici avril 2026, un rapport d’étape précis, assorti d’indicateurs mesurables et d’un calendrier strict de mise en œuvre.
