Face à une crise qui s’est progressivement installée dans plusieurs quartiers de la capitale gabonaise, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a décidé de placer la question de l’eau potable au cœur de l’action gouvernementale. Le lancement de l’opération « État d’urgence de l’eau » marque une réponse immédiate aux difficultés rencontrées par les populations du Grand Libreville, où les coupures d’eau alimentent depuis plusieurs mois un profond mécontentement.
L’annonce intervient à la suite d’un échange direct entre le chef de l’État et les agents de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon. Organisée au Centre de Formation Jean Violas, cette rencontre a permis d’établir un diagnostic partagé des difficultés qui freinent le fonctionnement de la SEEG. Les autorités estiment que cette méthode de concertation a favorisé une prise de conscience collective des responsabilités de chacun et ouvert la voie à des mesures concrètes.
Le dispositif repose sur une importante mobilisation logistique. Cinquante-cinq camions-citernes assureront la distribution d’eau dans les principales zones concernées, parmi lesquelles Akanda, Owendo, Nzeng-Ayong, Glass, Lalala, Bikélé, Akébé ou encore le centre-ville de Libreville. Afin de limiter l’impact économique sur les ménages, le prix d’une cuve est désormais plafonné à 3 000 francs CFA, soit près de trois fois moins que les tarifs pratiqués jusqu’à présent.
Le gouvernement affirme vouloir accompagner cette opération par un suivi permanent. Des numéros verts permettront aux habitants de solliciter les équipes de distribution selon leur secteur géographique, tandis que des mécanismes de contrôle devront garantir la transparence de l’opération et prévenir tout détournement ou traitement préférentiel dans la répartition de cette ressource essentielle.
Au-delà de cette réponse d’urgence, l’exécutif présente cette initiative comme le point de départ d’une réforme plus globale des services de l’eau et de l’électricité. Pour Brice Oligui Nguema, il s’agit non seulement d’apporter une solution immédiate aux difficultés quotidiennes des Gabonais, mais aussi de reconstruire un service public plus performant, capable de répondre durablement aux besoins d’une agglomération en pleine croissance.
