Alors que le Gabon traverse une crise énergétique sans précédent, les priorités de certaines franges de la population interrogent. Plutôt que de marcher pour dénoncer les coupures d’électricité à répétition et exiger des solutions concrètes, certains préfèrent défiler sous le prétexte d’une “marche pour la paix”, comme si le pays était en guerre ou sous une menace imminente.
Une hypocrisie collective face aux vrais problèmes
Il est sidérant de constater qu’au lieu d’exiger des comptes à la SEEG et au CTRI, principaux acteurs en charge de l’énergie dans le pays, une partie des citoyens choisit de détourner le regard. Pourtant, les délestages plongent chaque jour des familles dans le noir, paralysent des hôpitaux et asphyxient l’économie locale. Face à cette réalité, une mobilisation de grande ampleur pour exiger une réponse claire du gouvernement aurait été une réaction légitime.
Mais lorsque certains ont voulu organiser une marche pour dénoncer cette crise énergétique, le ministère de l’Intérieur l’a tout bonnement interdite, évoquant un risque de trouble à l’ordre public. Un prétexte grossier quand on sait que toutes les marches sont censées être encadrées par les forces de l’ordre. Ce refus révèle une crainte évidente du régime en place : celle de voir son incompétence exposée au grand jour et de subir un désaveu populaire.
Un peuple complice de son propre malheur ?
Il y a ici une question fondamentale de responsabilité citoyenne. Comment espérer un véritable changement si ceux qui en souffrent le plus préfèrent se complaire dans une posture de soumission ? Marcher pour des causes futiles pendant que l’accès à un service aussi vital que l’électricité est compromis, c’est faire preuve d’une passivité coupable.
L’heure est venue pour les Gabonais de se réveiller et d’exiger des réponses aux vrais problèmes. La complaisance et la peur ne bâtissent pas un pays ; le courage et la lucidité, oui.
