L’Afrique ne manque pas d’eau, elle manque encore des moyens pour la rendre accessible à tous. C’est le constat porté par le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema lors de son intervention au Forum africain de l’eau, ouvert ce mercredi à N’Djamena, au Tchad. Organisé conjointement par les autorités tchadiennes et le Groupe de la Banque mondiale dans le cadre de l’initiative Water Forward, ce sommet réunit plusieurs chefs d’État africains, des partenaires techniques et des institutions financières autour d’un objectif : accélérer les investissements pour garantir un accès durable à l’eau potable et à l’assainissement.
Avant de prendre part à la cérémonie inaugurale, Brice Oligui Nguema s’est entretenu avec le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno, en présence du président béninois Romuald Wadagni. Cette rencontre diplomatique a précédé une série d’interventions de chefs d’État, parmi lesquels Félix Tshisekedi et Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, tous venus défendre une coopération renforcée face à une problématique devenue l’un des principaux défis du développement africain.

À la tribune, le président gabonais a insisté sur l’urgence de passer des discours aux réalisations concrètes. Selon lui, le continent dispose d’un patrimoine hydrique exceptionnel, mais celui-ci demeure insuffisamment valorisé en raison d’un déficit d’investissements, d’une gouvernance parfois fragile et d’infrastructures encore inadaptées. Il a rappelé que l’accès à l’eau potable constitue désormais une question de santé publique, de sécurité alimentaire, de croissance économique mais aussi de stabilité sociale, appelant les dirigeants africains à faire de cette question une priorité politique.
Pour illustrer cette ambition, Brice Oligui Nguema a détaillé les réformes engagées au Gabon. Il a évoqué l’adoption d’un Code de l’eau modernisé, la séparation de la Société d’énergie et d’eau du Gabon en deux entités distinctes afin de spécialiser les services, ainsi que la mise en place d’un Pacte national hydrique accompagné d’un portefeuille de projets prioritaires destiné à attirer davantage de financements. Le chef de l’État a également reconnu les difficultés rencontrées par son pays, rappelant que le Gabon avait décrété un état d’urgence hydrique au premier semestre 2026 afin d’accélérer les réponses à la crise.

Concluant son intervention, le président gabonais a plaidé pour un nouveau modèle de coopération reposant sur des financements mieux adaptés aux réalités africaines et sur une implication plus importante des compétences locales dans la réalisation des infrastructures hydrauliques. « Le Gabon vient à N’Djamena non pour exposer une richesse, mais pour proposer un partenariat », a-t-il déclaré. La cérémonie d’ouverture s’est achevée par l’allocution du président Mahamat Idriss Déby Itno, qui a annoncé la suppression des visas pour les ressortissants africains souhaitant se rendre au Tchad, un geste présenté comme un pas supplémentaire vers une intégration continentale renforcée.
