Après avoir refermé sa propre séquence de transition, Brice Oligui Nguema entend désormais capitaliser politiquement sur l’expérience gabonaise. Le président gabonais a reçu à Libreville Horta Inta-A Na Man, chef de la transition bissau-guinéenne, dans une mise en scène riche en symboles : honneurs militaires, défilé de la Garde républicaine et remise de la flamme au dirigeant de Bissau. Derrière le cérémonial, Libreville affiche une ambition : accompagner un autre régime de transition vers une sortie institutionnelle maîtrisée.
Le message d’Oligui Nguema est clair : une transition n’acquiert sa légitimité que si elle sait organiser sa propre fin. Devant la délégation bissau-guinéenne, il a mis en avant la méthode adoptée au Gabon, fondée selon lui sur la discipline républicaine, le respect du calendrier et la restitution du pouvoir à des institutions issues d’élections. Le président gabonais a exhorté Horta Inta-A Na Man à préserver cette trajectoire et à réunir les conditions d’un scrutin incontestable.

Libreville regarde particulièrement vers le 6 décembre 2026, date annoncée de la présidentielle bissau-guinéenne, qui doit être précédée d’un référendum constitutionnel. L’enjeu dépasse la simple tenue des scrutins. Pour Brice Oligui Nguema, leur crédibilité doit permettre à Bissau de reconstruire sa confiance avec ses partenaires internationaux, de stabiliser son environnement intérieur et d’améliorer les conditions nécessaires au retour des investissements.

Mais les deux dirigeants ne veulent pas réduire leur relation à la gestion des transitions. Biodiversité, lutte contre le changement climatique, formation professionnelle et mécanismes réguliers de concertation doivent constituer les prochains chantiers bilatéraux. Pour Oligui Nguema, l’équation est désormais autant diplomatique que politique : transformer l’expérience gabonaise en capital d’influence et positionner Libreville comme un centre de dialogue capable d’accompagner les transitions africaines jusqu’au retour effectif à l’ordre constitutionnel.
